lundi 9 septembre 2013

Lys Epona: une collaboration exceptionnelle pour une création très originale


        Depuis près d'un an se murmurait sur les forums de perfumistas la rumeur d'une collaboration entre une aficionados du forum et  la boutique Jovoy. Travailler au sein de cette boutique dédiée à l'univers des parfums de niche depuis plusieurs mois maintenant m'a donné l'opportunité de suivre ce projet de près. 

    C'est au détour d'une discussion entre celle dont l'anonymat n'est plus de mise, Annabelle, alias Cymoril,  et l'équipe de Jovoy qu'est né ce projet. A l'origine, une vision olfactive d'Annabelle: l'image d'une jeune femme, un bouquet de lys dans les bras croisant un cavalier de l'Ecole Militaire, à Paris, par une  journée d'été, où les effluves se trouvent souvent amplifiés par la chaleur. C'est la rencontre de l'odeur charnelle et lactée des fleurs blanches et celle, animale de la peau d'un cheval (crins, cuir, écurie...) qui a suscité l'envie de retranscrire ce moment en parfum. Au point de proposer à Amélie Bourgeois (parfumeuse chez FLAIR) de travailler sur ce "brief",  à qui l'idée parlerait à coup sûr, puisqu'elle est elle-même cavalière. Mais je vous invite à parcourir le blog de la muse de ce parfum, Lys Epona, pour en suivre la genèse. 

      Au cours de ces derniers mois, j'ai pu observer la fabrication totalement à l'ancienne de cette fragrance: mise en flacon, pose des étiquettes, le tout fait main, un vrai travail artisanal. Pour servir le propos du parfum, un lot d'une centaine de flacons art déco a été retrouvé par un antiquaire, tous emballés dans du papier journal d'époque.... où l'on peut suivre le résultat des courses hippiques. La boucle était donc bouclée. Au-delà de l'essence même du parfum, cette création pourra certainement séduire les collectionneurs et autres amateurs d'art, puisqu'il s'agit d'un projet limité: seuls cent flacons ont été mis en vente. 
        Mais assez parlé du contenant, venons à la fragrance elle-même.  La rencontre d'un bouquet de lys et d'un cavalier se matérialise dans un parfum floral cuiré. L'envolée verte, solaire et sensuelle de la tubéreuse embrasse le côté sombre du cuir: dès les notes de tête, le décor est posé. Si je perçois de prime abord plus une tubéreuse qu'un lys, peu à peu cela se mue en un bouquet de fleurs blanches, dont le jasmin vient apporter ses notes indolées aux facettes animales du cuir. En filigrane se dessine un aspect foin, probablement dû à la présence de narcisse dans la composition, qui se mêle au cuir pour rappeler l'univers "équestre"de la fragrance : on se figure l'écurie, les naseaux du cheval, l'odeur de la crinière, l'arnachement. En fond, le musc vient souligner les tonalités animales du labdanum, incontournable dans ce parfum puisqu'il apporte aussi cette  facette cuirée.


     Une création totalement unique en son genre,  qui a donné vie à un fantasme olfactif à découvrir d'urgence, que vous soyez amateur de parfums audacieux, collectionneur invétéré, ou simple curieux d'effluves aux émotions plus personnelles, loin des clichés en bouteille que l'on retrouve partout sur les étagères des Sephora. 




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